mardi 23 avril 2024

Le Capitol Reef

Notre séjour au Kodachrome SP nous a vraiment ragaillardi. Et c’est avec cette énergie renouvelée, qu’on emprunte la route 12 qui nous conduira jusqu’à Capitol Reef, le troisième grand parc national du Utah. Avant chaque départ, je m’assure que la route est bien chargée dans le GPS tout en vérifiant les prochains virages. Mais ce qu’on ne peut pas anticiper, ce sont les différentes montées et descentes que la route peut nous offrir et cette fois-ci, elle nous a bien servie. Virage en épingle un après l’autre, et on monte, monte… pour se retrouver à 9600 pieds d’altitude avec un couvert de neige encore bien présent. Mais le soleil est bienveillant et la route est sèche. À un certain endroit, on roulait sur le dessus d’une crête avec les récifs de chaque côté. Les deux mains sur le volant, il est difficile de ne pas se laisser attirer par les superbes points de vue. Notre VR s’en tire bien mais j’aurais enfourché ma moto avec grand plaisir!


Vue sur les Henry Mountains à 9600 pieds

Tout ce qui monte doit redescendre et c’est à 6800 pieds qu’on se retrouve sur la 24 qui rejoint le Capitol Reef. Le seul camping du parc est complet depuis longtemps mais j’avais repéré un endroit à la sortie du parc sur les terres publiques BLM (Bureau of Land Management). On s’installe tout près de la rivière Freeman avec le son de l’eau qui coule. Le lendemain, on retourne à l’entrée du parc au centre des visiteurs. Le soleil nous réchauffe et on décide de débarquer les vélos pour rouler sur la « scenic drive », un trajet d’environ 30km aller retour. Étrangement, nous sommes les seuls à le faire. Encore là, les familles sont nombreuses dans leur gros SUV ou Pick-Up et c’est le spring-break qui se continue.


Le parc est en fait une grosse ride de la croûte terrestre qui s’est formé sur des millions d’années créant de magnifiques récifs tout en couleur tout comme une barrière de corail dans un océan. À vélo, on peut s’arrêter quand et où on veut. À chaque détour, on veut prendre des photos tellement le paysage est unique et différent de chez nous. Notre VR est stationné tout près d’un verger qu’on croit être des pommiers dont les fleurs sont écloses. Un groupe de « mule deer » se détend sous les arbres fruitiers et la scène est reposante. La journée fut remplie mais combien satisfaisante.

Une belle place pour brouter!!

C’est le retour à notre site de camping à la sortie du parc. On sort les chaises avec vue sur la rivière et avec une bonne bière, c’est le temps de décanter et de penser à notre prochaine étape, le Canyonland.


Bien oui, on est entré!

mardi 16 avril 2024

Le spectacle des Hoodoos

 On aurait bien aimé faire une autre journée au Zion mais la cohue de la fin de semaine de Pâques nous a fait changer d’idée. Et puis, le Bryce Canyon à peine à 110 km nous convainc de s’y rendre. Pas de soucis avec le camping, de nombreux endroits sur les terres publiques sont disponibles tout près du parc avant de s’y rendre le lendemain.

Le camping dans le parc est ouvert et ce sont des FCFS. On s’y présente le matin et de nombreuses places sont disponibles. Après avoir glissé $15 dans l’enveloppe, on la dépose au kiosque d’enregistrement. Mais quel étonnement de voir les monticules de neige qui entourent les sites! Un peu normal, on est à plus de 8000 pieds en altitude. Même la piste cyclable est nettoyée de sa neige. Parfait, on enfourche nos vélos pour se rendre aux points de vue Sunrise Point, Sunset Point et Inspiration Point. Les stationnements sont pleins mais les supports à vélo sont complètement libre.

La vue de ces Hoodoos est magique. Et cette couleur rose tirant vers le rouge les rend sympathique. Mais comment ces structures de roche se sont elles créée? En gros, c’est le pouvoir de l’érosion et des cycles de gel et dégel. Ce sont les roches les plus jeunes de ce Grand Escalier du plateau du Colorado et la couleur vient du calcaire riche en fer. Chacun des points de vue nous livre un spectacle en soi. Mais le pinacle est le Bryce Point ou l’Amphithéâtre. À 8300 pieds et avec une ascension significative, on décide de retourner au site de camping et prendre le VR pour s’y rendre. C’est froid, il vente, mais le show est magistral. On dirait un chœur positionné en demi lune vêtu de robes rouges qui s’apprête à chanter un quantique! Victoire à l’arrachée à Bryce Canyon! Moins fréquenté que Zion et beaucoup plus accessible.


Nous avions une place de choix à l'Amphithéâtre.

C’est la fête à Lili en ce samedi saint. Une réservation est déjà faite pour le parc d’état de Kodachrome tout près de Bryce. Avec électricité et eau, on va se la couler douce pour 3 nuits. Superbes douches avec buanderie, il est temps de repartir à neuf. Et ce parc ne porte pas son nom pour rien. C’est un site de Kodak! Des formations rocheuses uniques semblables aux Hoodoos ainsi que des spires de 6 à 170 pieds de hauteur parsèment le camping. Une balade en vélo dans un des sentiers (La Panorama Trail) nous permet de mieux les admirer.


Scène de méditation...


Le passage secret



Le troisième parc national du Utah sera le Capitol Reef. Mais la route qui nous mène nous réserve de belles surprises...


mardi 9 avril 2024

Les 5 grands parcs de l'Utah

 

Le Utah contient le plus grand nombre de parcs nationaux dans le pays. Dans le sens des aiguilles d’une montre, nous visiterons le Zion, le Bryce Canyon, le Capitol Reef, le Canyonlands et finalement le Arches.

On débute donc à l’ouest avec le Zion. À deux heures de route de Las Vegas, il est le troisième plus visité des parcs américains. Le Zion a deux campings dont un en rénovation et il est impossible d’y trouver une place depuis longtemps. Mais plusieurs options existent dont les terres publiques qu’on appelle les BLM. On trouve un spot à environ 25km de l’entrée Est du Zion.

Le Watchman
 Je n’avais pas réalisé lors de la planification de l’itinéraire qu’on se retrouverait la fin de semaine de Pâques. Lorsque l’on accède par l’est, il faut se rendre à l’autre extrémité du parc à l’ouest afin d’accéder aux différents sentiers et navettes. C’est le jeudi saint, il fait beau et les stationnements sont complets. Mais on arrive à se trouver une case le long du parkway et les vélos seront nos alliés.

  

Mais il faut que je décrive la route qui sillonne le parc venant de l’Est. J’ai cru encore me sentir dans les Alpes avec ces virages en épingles avec en bordure ces immenses falaise ornées de stries multicolores. Ce tunnel de 1.6 km que l’on doit emprunter en alternance est aussi impressionnant. Déjà l’effet « wow » est présent.

Me voyez vous sur le pont?

Une longue file d’attente est déjà bien en place pour pouvoir monter à bord des navettes, le seul moyen de se rendre au bout de la route scénique et d’y accéder aux différents sentiers de marche. Avec nos vélos on emprunte donc le sentier multi-usager qui nous permet de nous arrêter quand nous voulons mais se rendre au bout de la route scénique demande du temps et effort en raison de l’élévation. Il est possible d’utiliser les navettes avec leur porte vélos, mais l’attente est nettement trop longue. On se résout à revenir à vélo à notre VR et reprendre la route scénique vers l’est. C’est la longue file de véhicules que l’on doit suivre et aussi une attente prolongée pour accéder au tunnel. Mais le paysage est grandiose. Et on comprend pourquoi ce parc est si visité mais on reste sur notre faim.

La Mesa qui trône au dessus de cette falaise semblable à un tableau

Le prochain parc sur la liste : le Bryce Canyon et ses Hoodoos!

jeudi 4 avril 2024

Le Grand Canyon, le grandiose!!

 

La météo ne s’annonçant pas très clémente, on profite de ce beau samedi quand même assez frais mais avec des percées de soleil pour faire à vélo la route qui mène à Hermit Rest , une distance de 12 km aller. Cette route avec de multiples points de vue est seulement accessible par navette de mars à novembre. Donc pas de voitures et possibilité d’arrêter quand on veut.

Avec ce qu’on avait vu hier comme prémisse, on était très fébrile d’admirer les différents points de vue avec des noms comme le Maricopa Point, Hopi Point, Mohave Point, Pima Point et le dernier à la fin, le Hermit Rest. Notre fébrilité fut amplement récompensé. Ce Grand Canyon est tout simplement extraordinairement unique. Même si on a pris de multiples photos, il faut le voir, l’observer, le mesurer dans toute sa splendeur en réel.

 
La piste Bright Angels qui descend jusqu'au Canyon. On campe
rendu en bas et on remonte le lendemain. Pas pour nous..


La rivière Colorado qui l’a sculpté pendant plus de 6 millions d’années continue à couler tout en bas à plus de 1.6 km de profondeur avec le canyon d’une largeur moyenne de 16 km. C’est d’une magnitude indescriptible et on passerait des heures juste à contempler ces multiples couleurs, formes, crevasses, rochers stratifiés avec ces arbres accrochés comme des funambules comme un tableau d’un grand maître.

Même en cette période de l’année (fin mars) qu’on croyait assez calme, les navettes sont bondées de touristes et on est très fier de pouvoir se déplacer à vélo. Retour à notre VR en fin PM en espérant pouvoir visiter d’autres secteurs le lendemain. Mais le froid s’installe durant la nuit et le réveil se fait sous une couche de neige. Température près de zéro avec la prochaine nuit prévue à -5c. C’est la réalité d’être à plus de 7000 pieds d’altitude. Craignant pour notre tuyauterie, on décide d’écourter notre séjour et poursuivre vers Page où la température est nettement plus clémente. Mais voilà, la route 64 Est qui longe le Grand Canyon est fermée en raison de la chaussée enneigée et glacée. L’alternative est un détour par le sud mais rajouterait environ 100 milles de plus. Rejeté. Le plan B est donc d’affronter le froid nocturne et de retourner à notre camping. Maintien de la fournaise au propane, armoires ouvertes pour réchauffer les tuyaux, pompe fermée, et nous mêmes bien emmitouflés font en sorte qu’on s’en sort sans dommages le lendemain matin. Il fait -4C et la route est encore fermée mais devrait ouvrir bientôt. Une autre expérience de plus comme campeur dans un VR.

Un soleil mur à mur nous réchauffe le cœur et la 64 maintenant ouverte nous permet d’arrêter à GrandView Point, Moran Point et le DesertView Watchtower. Encore des points de vue exceptionnel qu’aucune photo ne peut vraiment décrire ce que l’on voit et ressent. Nous sortons du parc avec le sentiment d’avoir vécu des émotions d’émerveillement sans pareilles.


Difficile de ne pas être ébahi!

 Après un arrêt à Cameron pour remplir   propane et essence, on poursuit sur la   89 nord dans le territoire immense et   majestueux des Navajo jusqu’à Page   situé aux portes du Utah.  Le   stationnement du Walmart sera notre   arrêt pour la nuit mais les montagnes   tout autour nous font croire qu’on est   ailleurs. Et puis, il faut bien aller faire   un peu d’épicerie! 

lundi 1 avril 2024

Vers le Grand Canyon

 

Dans un « road trip » comme le nôtre, il faut à l’occasion mettre le pied sur le frein et procéder à certains besoins d’entretien ménager comme le ménage et le lavage. Sinon, ça nous rattrape dans le détour! Donc en ce lundi matin, lavage dans une buanderie de Winslow. Après on s’installe pour 3 jours au parc d’état de Homolovi situé à 2 milles de Winslow pour un repos bien mérité.

Ce parc est en fait situé sur les terres ancestrales des Hopi, un peuple qui s’y est installé au 14ième siècle. Aujourd’hui, les Hopi considère encore cet endroit comme le leur et en collaboration avec l’état de l’Arizona, le Homolovi SP a été créé afin de protéger ces lieux archéologiques précieux. Deux sites que nous avons visité démontrent toute la diversité et la richesse de ces lieux ancestraux. Des vestiges de pueblos (habitations), poteries, objets d’art etc.. nous apprennent comment ces premiers peuples y vivaient.

Notre site de camping avait une vue en plongée sur la Interstate 40 ainsi que sur la voie ferrée. Assez loin pour ne pas l’entendre mais assez proche pour voir ces milliers de camions qui y circulent autant à l’est qu’à l’ouest. L’image que ça évoquait était comme des fourmis au travail qui transportent chacun un peu de nourriture pour la fourmilière. En superposé, ces lignes de train à plus de 200 wagons qui roulent dans les deux directions. Fascinant et en même temps qui nous fait réaliser que l’on vit dans un monde qui ne s’arrête jamais.

Le pic Humphrey dans toute sa splendeur


En roulant sur la 40, on aperçoit cet immense pic enneigé à l’horizon. Après vérifications sur nos cartes, on réalise que c’est bien le pic du Mont Humphrey, le plus haut de l’Arizona qui trône à 12,633 pieds! Ça semble presque irréel quand on peut observer des cactus dans les plaines désertiques qui nous entourent. Nous sommes encore à plus de 150 milles du Grand Canyon et notre réservation au camping est seulement pour le lendemain. Un arrêt au casino de Flagstaff est tout indiqué. De grands stationnements en retrait pour VR sont proposé et la nuit est calme. À noter qu’il est fréquent de voir des casinos offrir le stationnement gratuit pour VR, en échange bien sur d’aller faire aller les machines à sous mais sans obligations.


La route qui contourne la ville de Flagstaff vers le nord est en fait une portion de la route historique 66. C’est une ville universitaire et ça transparaît dans les belles maisons que l’on observe du regard. Le trajet se poursuit tout en montée sur la 180 et la neige au sol qui apparaît. On croise des stations de sport d’hiver avec même du ski de fond. La saison est terminée mais le printemps n’y est pas encore. On est à plus de 7000 pieds en altitude. La dernière portion sur la 64 nord nous amène directement aux portes du Grand Canyon.




On franchit le poste d’accueil après avoir montré notre carte annuelle, sinon c’est $35 par voiture. Nous sommes fébrile quand on pense que c’est une des sept merveilles du monde. Après s’être installé sur notre site de camping, on débarque les vélos et on se rend au centre des visiteurs à peine à un kilomètre. Le Mather Point est tout près et c’est là qu’on est ébloui par le spectacle devant nous. Ce ne sera que le début.

samedi 30 mars 2024

La forêt changée en roche

Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre de ce parc « Petrified Forest » à part les lectures que j’avais faite. Pas de camping dans le parc et une route scénique de 45km le traverse du sud au nord. Frais d’entrée par véhicule de $25 mais notre carte des parcs nationaux couvre les frais. Dès l’arrêt au centre des visiteurs, on visionne un court film qui explique le quand, pourquoi et comment s’est fait la transformation de ces billes de bois (logs) en véritables pierres.

Il y a 216 millions d’années, ces arbres sont morts et sont tombés dans la rivière. Ils ont été enterré de cendre volcanique, de sable et autre matériel ce qui les ont protégé de la décomposition. L’eau souterraine minérale transportant de la silice et autres minéraux ont fait en sorte de saturer le bois mort. La silice et le quartz ont littéralement fusionné avec les cellules de l’arbre imitant le matériel organique dans tous ses détails. Les différents tons de couleur sont le résultat de traces de fer et de manganèse. Voilà pour le côté plus scientifique mais combien important à comprendre.


Logs pétrifiés parmi le Blue Mesa

 On décide d’arpenter le premier sentier   du parc   appelé « Giant Logs ». Ces   logs de différentes   grosseurs dont un   vraiment « Giant », sont disposé   tels   quel sans aucune intervention. C’est une   des   consignes les plus importantes, ne   pas déplacer ni   essayer de récolter des   morceaux. Ce serait un   sacrilège! Mais   quel beauté que de voir et toucher   ces   roches aux multiples couleurs. Et de   penser que   c’était des arbres   auparavant! Le paysage désertique   sur   lequel sont disposés ces roches ajoutent   à   l’impression étrange d’être sur la   lune!

La poursuite de la route et ses points de vue parsemés de collines et monts que l’on nomme « badlands » sont entourés d’immenses espaces désertiques. L’arrêt au belvédère surélevé « Blue Mesa » nous expose toute la diversité des couleurs qui nous entoure dont le bleu, le gris et le violet. Même si on a pris beaucoup de photos, il est difficile de vraiment saisir toute la dimension de ces lieux uniques.

Cette route panoramique a aussi ceci de particulier est qu’elle traverse la route historique 66. Bon, le seul vestige que cette route existait en ces lieux est cette Studebaker toute rouillée qui gît sur l’alignement original. À voir lors de notre retour du Utah! Et oui, on refera cette route du nord au sud lorsque nous reviendrons vers la maison pour poursuivre sur des portions de la route 66.

Statue "Standing on the corner" juste en face.


Winslow est une petite ville au milieu de grands espaces désertiques et son centre ville est charmant. Le « Visitor Center » sera notre lieu pour passer la nuit. La gare de triage pour les trains est tout près mais le bruit est faible. Des trains de marchandise de 200 wagons et plus sont fréquents. On est sur la route ferroviaire qui relie la Californie au reste du pays.



Winslow a aussi conservé une portion de la route 66 dans son centre ville. La principale attraction dont le nom est « Standing on the corner » est cette statue de Glen Frey des Eagles dont la chanson « Take it easy » relate le passage du chanteur en ces lieux.


Comme c'est pesant un log pétrifié!

Le Homolovi State Park à Winslow sera notre repère pour les 3 prochaines nuits.

mardi 26 mars 2024

Montée vers le nord de l'Arizona

 

Il est maintenant temps de migrer vers le nord de l’Arizona en direction du Grand Canyon tout en espérant que la température sera acceptable. Mes recherches sur le meilleur moment pour aller visiter ce Grand Canyon me laissait savoir que la fenêtre de temps entre mars et avril indiquait des températures moyennes autour de 15 C le jour avec des nuits près de zéro. Aussi, l’affluence y était moindre qu’en été. Conséquemment, nous avons réservé 4 nuits du 22 au 25 mars dans le camping situé dans le parc du Grand Canyon.

Au départ de Tucson, il fallait aussi se ravitailler en propane. La recherche des stations de propane peut s’avérer ardue si on n’a pas fait nos devoirs auparavant. J’en avais repéré quelques unes et après un arrêt infructueux à la première (bec trop long qui ne pouvait pas se brancher sur le réservoir), le deuxième a fonctionné servi par un employé très sympathique. Voyez vous, mettre du propane dans un réservoir n’est pas comme mettre de l’essence. Ça prend des employés qualifiés et quelque fois, on se fait dire qu’ils ne sont pas disponibles arrivés sur place. Mais une fois plein, on peut facilement durer 3 semaines. Leçon apprise, toujours faire le plein dès qu’on peut le faire surtout si on se dirige loin des grands centres urbains.


La route vers le nord serpente la 77 jusqu’à Globe AZ. On monte et on monte encore, les Saguaro faisant place à une forêt de grands pins. À Globe, c’est la route 60 panoramique vers notre arrêt pour la nuit dans un petit camping gratuit, le Timber Camp Recreation dans le Tonto Nationa Forest. On est seul sur le camping à 6000 pieds d’altitude et la nuit s’annonce froide à près de zéro. La fournaise au propane nous garde au chaud. C’est le contraste frappant entre le sud et le nord de l’Arizona.



Ce qui nous attendait le lendemain était la poursuite de cette route 60 à travers le Salt River Canyon. Époustouflante route avec des virages en épingles en montée et descente avec des vues spectaculaires des montagnes et récifs et la rivière tout en bas. Ça me rappelait certains de nos trajets en Europe à moto. La découverte d’un petit mémorial avec deux casques de moto et une croix lors d’un arrêt à un belvédère nous rappelle les risques de ces routes si on est trop téméraire.


Le parc national Petrified Forest est notre prochaine visite en route vers le Grand Canyon. Un camping de base avec électricité à l’entrée du parc est tout indiqué. Une alarme sonore provenant de l’intérieur du VR nous réveille brusquement vers 1 heure AM. Je note après quelques minutes qu’on a plus de courant et que la batterie ayant pris la relève pour alimenter notre chaufferette électrique est à plat. Je sors dehors pour voir la cause et je réalise que c’est tout le camping qui est dans le noir. L’électricité ne reviendra que le lendemain matin après une nuit disons moins reposante.


Mais ce qui nous attendait cette journée là compenserait grandement cette nuit écourtée. Le paysage complètement unique de la forêt changée en roches.



mercredi 20 mars 2024

Le Saguaro, le cactus du FarWest

 

Parlons maintenant de la température du sud de l’Arizona. Lors de la planification de l’itinéraire, j’ai réalisé qu’il fallait se donner un peu de temps avant de monter vers le nord jusqu’au Grand Canyon pour bénéficier d’une température plus clémente. Car on pourrait penser qu’en l’Arizona, le climat est semblable partout, mais on y apprend qu’on ski au nord et que les Snowbirds passe l’hiver au sud! Le Parc National Saguaro (sa-wa-ro) situé en périphérie de Tucson était tout désigné pour passer du temps à la chaleur très sèche de l’Arizona.


Premier arrêt donc au Little Anthony’s restaurant qui fait partie des hôtes de Harvest Host. Situé à peine à 15 minutes du parc Saguaro est, c’est un restaurant totalement authentique des années 50 avec tout ce qu’on peut imaginer de « kitch » de ces années là. L’accueil est chaleureux et on nous désigne un stationnement où l’on pourra passer la nuit. C’est aussi un théâtre populaire qui présente des pièces de comédie musicale. Le plus amusant était de voir ces belles bagnoles antiques alignées à l’avant et particulièrement cette belle grande sedan rose avec sa petite roulotte style Barbie! Après une nuit bien calme, on se rend au restaurant pour un déjeuner savoureux et copieux qui nous soutiendra pour la journée.

L’activité de la journée est la visite du parc Saguaro partie est. Le Saguaro est le cactus iconique de ce coin de pays et qui prend des formes nous rappelant les bandes dessinées du FarWest. Mais les voir de proche et constater ses multiples formes et dimensions impressionnantes est quelque chose de tout à fait unique. La boucle Cactus Forest drive de 12 km permet de visiter le parc à son propre rythme et quoi de mieux que de le faire à vélo. C’est un sens unique avec de nombreux arrêts et panneaux explicatifs. Le dépaysement est total. Les montagnes qui nous entourent et ces Saguaro par milliers qui dominent le paysage nous charment à chaque détour. Le Saguaro peut vivre jusqu’à 150 ans et atteindre une hauteur de près de 75 pieds. Les jeunes pousses croissent sous une plante nourricière appelée le mesquite. Cet arbre sert d’abri et mourra à son tour lorsque le Saguaro atteindra une hauteur suffisante. La nature qui aide la nature!


Le séjour se poursuit à Tucson dans l’ouest de la ville. Le parc Saguaro, secteur ouest, sera notre prochaine découverte. De plus petite dimension, mais tout aussi spectaculaire, il se visite aussi à vélo sur une boucle de 8km en gravier. De notre camping, on y est en moins de 30 minutes. Encore là, nous sommes fascinés par cette diversité qui nous entoure qui n’a rien de comparable avec notre environnement à la maison. Et la floraison vient tout juste de commencer. Mais soyez sans craintes, un arrêt s’imposait pour chaque fleur différente que ma chère Lili apercevait et grâce à elle, je me couche plus intelligent le soir venu.

lundi 18 mars 2024

Tombstone, le village western authentique!

 

Dans le manuel dont j’ai fait référence dans l’article précédent, on suggérait d’aller faire un détour vers un village western typique du FarWest, Tombstone AZ. Comme je ne suis pas amateur de ce type de cinéma, j’étais quand même curieux de voir ces endroits mythiques du passé qui ont tant caractérisé le sud ouest américain et c’était à peine à 75 milles de Chiricahua.

Avec HarvestHost, j’ai pu réservé deux nuits sur un terrain privé à peine à 2 minutes de marche du centre du village historique. Quelle belle découverte! Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, ce n’est pas du tout du style Disneyland. On marche sur des trottoirs de bois authentiques avec les différents commerces de l’époque logé dans des buildings qui remonte à la fin du 19ième siècle. Des saloons, barbiers, théâtres, boutiques de vêtements country etc.. s’alignent devant la rue en gravier avec ses gardes et bacs d’eau pour les chevaux.


Des comédiens habillés d’époque déambulent dans la rue avec leur « faux revolver » (on espère…) et les « stage coach » avec leur cocher offrent leur service pour des tours du village. Le saloon OK Corral est l’endroit central où s’est déroulé une scène de meurtre typique de cette époque qui impliquait au moins 5 cowboys qui se sont tirés à bout portant et dont on a rapporté 30 coups en 30 secondes. C’est à qui dégainerait le plus vite!! On reproduit cette scène dans une petit amphithéâtre derrière le saloon mais à $15 /pers. , on a passé notre tour. La visite d’une imprimerie d’époque nous a aussi beaucoup intéressé. On y présente la première presse ou chaque lettre devait être placé dans le bon ordre pour former ces mots, phrases et paragraphes de chaque page à imprimer. Un travail de moine!


Ce village porte le surnom de « Too tough to die » (pas tuable!!) car il a vécu toutes sortes d’épreuves après la fin glorieuse des mines d’argent. Un feu majeur en 1881 a presque tout détruit mais n’est jamais devenu un village fantôme. Sa population d’environ 1300 habitants vit essentiellement du tourisme et aussi des productions cinématographiques qui s’installent à l’occasion.



C’est pas demain matin que je vais me promener en bottes de cowboy mais le côté franchement authentique de ce village nous a beaucoup plus.


mardi 12 mars 2024

Chiricahua, le monument de roches

 

Pourquoi donc on se retrouve dans cette partie sud de l’Arizona un peu en dehors des destinations plus fréquentées? Dans le but de m’aider à préparer un squelette d’itinéraire pour ce voyage, j’ai acheté un volume dont je trouvais le titre intriguant; L’Amérique du Nord en VR, 50 itinéraires de rêve.

Et dans la section du Sud-Ouest américain, une photo d’un parc avec des rochers dans des formes complètement inédites dont le nom est le Chiricahua National Monument. Ça nous a vraiment accroché et par chance, j’ai pu réserver 3 soirs au camping du parc, le Bonita Canyon. Encore là, c’est complet tous les soirs.

Et quelle est l‘activité première dans ce parc? Et oui, la marche pour aller observer ces formations rocheuses qui s’élèvent dans toute sorte d’assemblage en empruntant les nombreux sentiers. Nous sommes à plus de 5000 pieds d’altitude et on choisit le sentier « Balanced rock » pour la première journée. Un aller retour de 10km avec montée et descente sur une base faite de plus au moins gros cailloux. On peut y voir les monuments de roches en hauteur et le canyon tout en bas et ses immenses chênes et sycamore parsemé également de cactus. Une diversité de points de vue incroyable. Ces monuments prennent des formes surprenantes qui peuvent parfois ressembler à des parties humaines. Mais ce « rocher en équilibre » est tout à fait spectaculaire. Comment peut il tenir sur une surface aussi petite? Ce qu’on apprend est que tout cela s’est formé lors d’une éruption volcanique et les millions d’années suivantes avec les mouvements de l’écorce terrestre ainsi que l’érosion ont façonné ces merveilles de la nature.


Comment ça tient ?

C’est aussi un territoire sacré pour les Appaches. Ils ont résisté longtemps la colonisation des premiers explorateurs et finalement abdiqué contre les militaires américains et envoyé dans des réserves au Nouveau Mexique et en Oklahoma. Encore un triste sort pour ces premières nations.

Nous empruntons un autre sentier le lendemain « le Natural Bridge », une trotte de 8 km qui aboutit sur un panorama avec son rocher à l’horizontal accroché aux deux extrémités. Tout à fait unique!


En se rendant à vélo au sentier Natural Bridge, la formation Organ Pipe








À notre départ en ce matin plutôt frisquet (2 C), on monte le Bonita Canyon drive avec le VR vers le Massai Point à presque 7000 pieds d’altitude. La vue est cependant obstruée par des chutes de neige mais compte tenu de la hauteur et aussi du fait qu’on en a vu sur d’autres monts autour, c’est moins surprenant. Mais quand même, on est en Arizona!

Le Nouveau Mexique

 

Après une nuit à se faire bercer mais aussi brasser par des vents violents, on reprend la route vers le Nouveau Mexique où nous avons une nuit de réservée au vignoble Rio Grande près de Las Cruces. Le paysage montagneux des Guadalupe fait place à des plaines arides à perte de vue. Des ranchs dont les bâtiments sont souvent rudimentaires occupent le territoire à des milles de distance. La ville de El Paso TX adossée à la frontière du Mexique est l’endroit où nous nous arrêtons pour nos victuailles. Le Walmart est surveillé en permanence par une policière à l’entrée. C’est dimanche matin et il y a affluence. Je ne peux m’empêcher de porter une attention aux clients et me demander combien parmi ceux-ci sont armés!

On rentre au Nouveau Mexique un peu juste au nord de El Paso sur l’Interstate 10. La première chose qu’on note, ce sont ces immenses champs de « Pecan tree ». Des milliers et milliers d’arbres tous alignés en belles rangés bien droites et dont la pacane une fois tombée de l’arbre est récoltée par de la machinerie. Le vignoble fait partie des hôtes de Harvest Host qui est en fait le même concept que Terego au Canada. On montre notre carte de membre et on nous dit où se stationner. L’endroit est parfait avec vue sur une chaîne de montagne. Achat d’une bouteille de vin après en avoir fait la dégustation et voilà, notre coucher est payé!

Vue du Rio Grande Winery

 Le temps est venu pour vider nos réservoirs, remplir   celui en eau et aussi un peu de lavage. Un RV Park   bien situé à Deming NM fera l’affaire. L’accueil est   chaleureux et super propre. Tellement qu’on nous   demande de passer la raclette et vaporiser du   désinfectant dans la douche après usage! Même si   on vient juste d’arriver au Nouveau Mexique, on   sent une atmosphère plus relax qu’au Texas.   Confirmé par un habitant local avec qui j’ai jasé et   qui a déjà fait du ski au Mont Ste-Anne!


On repart en neuf vers notre prochain arrêt, le Chiricahua National Monument situé au sud de l’Arizona. Dans le prochain article, je vous dirai pourquoi on y va et comment on en a entendu parler.

vendredi 8 mars 2024

Le Parc Guadalupe du Texas

 

Il y a 24 sites ou stationnements pour VR à ce camping de Guadalupe du nom de Pine Springs et c’est complet à tous les soirs de l’année. Sans services, mais avec des toilettes à l’eau courante, eau potable et le départ des sentiers est en face de notre site. Le reste du stationnement se rempli très tôt le matin et les marcheurs sont nombreux. Nous sommes à 5500 pieds d’altitude et la vue de la montagne en face est saisissante.

Notre objectif était de grimper le sentier qui nous amène sur le pic de Guadalupe à 8750 pieds, la plus haute élévation du Texas. Un trajet d’environ 12 km aller-retour. Mais en ce premier matin, les vents de 60-70km/h et ce que la Ranger nous rapporte avec peut être des pointes à près de 90km/h au sommet refroidit nos ambitions. Et ces vents sont prévu pour être encore plus fort le lendemain. Un peu déçu mais l’autre sentier qui nous intéressait est le Devils Hall (mur des démons) et il nous emballera. Environ 8km et nous marchons sur un lit de rivière aux pierres délavées. 


C’est la saison sèche et aucune vue d’eau en surface. Heureusement car il faut enjamber d’immenses rochers sans que ce soit glissant. On est entouré d’immenses rochers et la végétation composée de yuccas, cactus , alligator junipers, ponderosa pines nous signifient clairement qu’on est dans un autre climat. Le sentier se termine par ce gigantesque mur des deux côtés du sentier qui donne l’impression d’entrer dans une cathédrale. Après l’avoir franchi, on s’assoit pour une pause lunch. L’endroit est presque mythique et porte à la méditation. C’est ensuite le retour en défaisant notre trajet et disons que la bière était pas mal bonne une fois rendu au VR.






Le lendemain, les vents sont encore très présents et on choisit de faire une autre randonnée vers le Frijole Ranch. Une boucle d’environ de 10km à flanc de montagne avec une vue imprenable de toute la vallée. C’est un ranch typique du début du 20ième siècle qui a été conservé et dans lequel une famille avec enfants y a vécu. Derrière la maison, un petit bâtiment servait d’école et aussi d’endroit pour l’institutrice qui y demeurait!

Notre dernière nuit nous réserve une petite surprise, un bruit suspect me tient réveillé. Car voyez vous il vente tellement, que le VR oscille comme une bateau sur l’eau et je ne dors pas vraiment dur. C’est le lendemain matin que l’on constate qu’une souri est venu grignoter un sac de tortillas dans le tiroir à vaisselle. J’installe donc des trappes à souris mais à ce jour, on ne l’a pas réentendu ni revu.


Ce parc est un joyau au Texas et valait absolument le détour. Après 3 nuits, on se remet en route pour le Nouveau Mexique et ses déserts.

lundi 4 mars 2024

La traversée de la Louisiane et du Texas

 

Avant de traverser le Mississippi vers la Louisiane, on arrête au parc national militaire de Vicksburg. C’est le site d’une des plus importantes batailles de la guerre de sécession entre les Confédérés du sud et des Unionistes du nord. Après avoir visité l’exposition intérieure, on s’achète une passe annuelle pour les parcs nationaux et on repart. On aurait pu y passer des heures, car le parc est immense, mais on doit avancer. Quatre jours pour couvrir 1400km, c’est pas trop demandé mais faut pas trop flâner! Destination, Guadalupe National Park à l’ouest du Texas.

Premier arrêt en Louisiane, une camping d’état à Delhi du nom de Poverty Point Reservoir. Les commentaires étaient vraiment bon mais on a été tellement enchanté qu’on est resté 2 nuits! Et en plus à seulement $15 US avec électricité, eau et WiFi! On a même utilisé la buanderie tout près pour faire une brassée! Un tour à vélo du réservoir et l’observation des immenses maisons qui le bordent ont complété le tout.

Stationnement d'oiseaux sur le
Poverty Point réservoir!

Poursuite de notre trajet vers Dallas, cette ville immense qu’on avait pas vraiment le choix d’éviter. Ce qui frappe, c’est la place que prennent ces autoroutes et bretelles qui entourent la ville. Des 3, 4 voies et des échangeurs à perte de vue qui entourent cette mégapole. Mais ce qui est encore plus frappant, c’est le nombre de gros Pick-Up, de VUS et camions. Notre VR de 21 pieds semble tout petit! En fait, avoir un Pick-Up semble la norme malgré que nous sommes en pleine ville. 



Un arrêt pour la nuit dans un Truc Stop fait bien l’affaire avec un stationnement pour VR à l’écart des camions.

La traversée du Texas se continue avec un arrêt prévu à Sweetwater dans un camping municipal. Avec électricité à $15, on met la chaufferette car il va faire près du point de congélation dans la nuit. Le front froid du Canada est descendu jusqu’au Texas!! L’interstate 20 que l’on suit pour tout le Texas est un mélange de parcs industriel modernes mais aussi de multiples lots où jonchent des quantités phénoménales de détritus, de métal tordus, de roulottes, de carcasses de voitures, camions etc.. Un commerce doit cesser les affaire? On ferme la shop et on laisse tout en place. Peut être le reflet des inégalités sociales ou des règlements de zonage bien trop complaisants. Autre observation qui démontre que les Texans n’ont pas encore adopté des comportements respectueux de l’environnement est à l’épicerie (Walmart pour ne pas le nommer) où la vaste majorité utilise encore le sac en plastique. Anecdote là dessus, en sortant du Walmart, l’employé note nos sacs en tissus et nous félicite!!

Dernier segment avant l’arrivée au parc national de Guadalupe. C’est à ce moment que l’on constate pourquoi le pétrole est si chéri au Texas. Des milliers d’acres de puits avec leur pompe qui font des mouvements de va et vient et les cheminées qui crachent le feu du méthane. Des hôtels formés de maisons mobiles ainsi que des parcs de VR logent ces milliers de travailleurs. Mais le contraste ultime est de voir ces centaines d’éoliennes qui tournent gracieusement au vent et qui pourraient un jour dominer le paysage et rendre ces pompes à pétrole complètement caduque.

La chaîne de montagne des Guadalupe commence à apparaître au loin comme un mur après avoir parcouru des milles de plaines arides. Notre camping au parc est réservé pour 3 nuits et on réalise à notre arrivée qu’on vient de gagner 1 heure, c’est l’heure des montagnes!

dimanche 3 mars 2024

La Natchez Trace Parkway

 

La Natchez Trace est une route panoramique qui s’étend sur une longueur de 440 milles! (plus de 700 km) du Tennesse en passant par une section dans l’Alabama et qui se termine à Natchez au Mississipi.

Dans mes lectures sur les endroits à voir ou arrêter lors de notre trajet vers les grands parcs nationaux de l’ouest, j’étais tombé sur un article décrivant une route historique, une sorte de trace dont les premiers colons ainsi que les premières nations utilisaient pour se déplacer à cheval ou à pieds. Ces premières nations étaient les Natchez, Chickasaw et Choctaw. Elle est aussi devenue une route de la Poste qui reliait Nashville TN à Natchez MS au début du 19 ième siècle. Lors de la guerre civile entre les Confédérés et les Unionistes, les troupes ont aussi emprunté cette trace.


Cette route a tellement marqué l’histoire américaine que le gouvernement en a fait un territoire protégé et a construit une promenade qui suit en partie la trace originale. Aucun véhicule lourd tel que les camions ne sont admis. En fait, c’est le vélo qui a la priorité et qui a le droit de prendre toute la voie. Seuls les VR de plus petite taille peuvent y accéder. Limite de vitesse 50 mph (encore trop vite à mon goût..) et pavé presque parfait. Trafic inexistant dans cette fin de février. La nature tout autour est généreuse même sans les feuilles dans les arbres. On roule tout en douceur et on ne voudrait pas que ça s’arrête.

Premier camping au sud de Nashville, le Meriwether Lewis nommé en l’honneur de ce gouverneur des territoires de la haute Louisiane. C’est de type FCFS (first come, first serve) on se choisit un site (gratuit) parmi au moins la vingtaine disponible. On est tellement bien installé qu’on décide de rester deux nuits. Du vélo la première journée et randonnée le lendemain. On marche même des petits bouts de la Old Trace parmi ces arbres centenaires qui ont peut être vu ces premières nations et explorateurs.


Après deux nuits dans le calme le plus complet, on roulera un autre 200 milles pour atteindre le prochain camping, le Jeff Busby. Plus petit mais tout aussi charmant et où on a marché sur le mont le plus haut du Mississippi à 600 pieds! Encore là, ce sont des campings FCFS et il faut arriver tôt (avant 3h. pm si possible) mais c’est le bénéfice de voyager en basse saison. Avant le camping, nous sommes arrêtés au Visitor Center où on a pu voir une très belle exposition sur l’histoire de cette fameuse Natchez Trace.

Dernier segment de cette route jusqu’au dernier camping, le Rocky Springs, 150 milles plus au sud. Vélo jusqu’au village historique du même nom, jadis une communauté de 2600 habitants vers les années 1860. Parmi ces habitants, plus de 2000 esclaves travaillaient dans les champs de coton. Une mauvaise gestion des sols causant une trop grande érosion a rendu les terres stériles et éventuellement la mort de ce village.


Le lendemain, nous devons quitter cette superbe promenade pour se retrouver dans le brouhaha de la civilisation! On en aurait pris encore de cette fameuse route mais nous devons progresser vers l’ouest. On a encore toute la Louisiane et le Texas à traverser!

dimanche 25 février 2024

"Notre maison roulante" tel que dit par Aline


 

Le VR avec lequel nous voyageons est un Roadtrek Simplicity 2016 bâti sur un châssis de Ram Promaster 3500 d’une longueur totale de 21 pieds.

Sa configuration intérieure est composée de deux lits jumeaux arrière, d’une table sur pied qui peut être installé à l’avant ou arrière. Les deux sièges capitaine à l’avant pivotent à 180°. L’espace cuisine comporte un comptoir sur lequel repose un poêle à deux ronds au propane et d’un évier. Deux armoires ainsi qu’un tiroir à ustensiles supportent le tout. Une armoire de type « pantry » ainsi qu’un tiroir à vaisselles ajoutent beaucoup de rangements. Un réfrigérateur de 5 pi.cu. et un micro-onde de 700w. complètent la partie cuisine.


Aussi au propane, il y a une fournaise de 16,000 BTU ainsi qu’un chauffe eau instantané sans réservoir de 12,000 BTU. La chambre de bain comprend une douche, toilette et évier. Un réservoir d‘eau fraîche de 145 litres, eau grise de 85 litres et eau noire de 45 litres permettent une autonomie d’au moins 3-4 jours.

Dans le but de mieux gérer la température intérieure, des tentures opaques séparent au besoin la partie arrière comprenant les lits ainsi que la cabine avant. Cette façon de faire permet de réduire l’espace à chauffer et augmente le confort.


L‘alimentation électrique comprend un onduleur de 2000w qui sert aussi de chargeur pour la batterie 12v lithium de 100ah. La batterie peut aussi être chargée par l’alternateur dédié du véhicule ainsi que par deux panneaux solaires portatifs de 220w total.

Côté consommation d’essence, le moteur de 3.6 litres fait en moyenne 12 L /100km. Pas mal pour un véhicule qui pèse près de 6 tonnes!.

Comme son nom l’indique, c’est la simplicité de ce VR qui le rend convivial et attrayant. Son court empattement et son rayon de braquage permettent de se stationner comme une voiture standard, en fait il n’est pas plus long qu’un gros pick-up!

Comme bonus, nous transportons nos vélos de montagne sur un support à l’arrière de type Fiamma. Très pratique pour aller faire des emplettes ou simplement faire des ballades dans les sentiers.




lundi 22 janvier 2024

C'est le temps ou jamais!

Depuis l'acquisition de notre VR en 2016, nous avons fait de nombreuses sorties au Québec en Ontario et dans les Maritimes. Aussi, à chaque fin d'hiver et printemps (excepté 2020-21) nous avons roulé jusqu'en Floride pour y passer quelques semaines en mars-avril.

Mais un des territoires en Amérique du Nord que nous n'avions jamais exploré est le Sud-Ouest américain et principalement les parcs nationaux des États du Texas, Arizona et Utah. Ce projet nous trotte dans la tête depuis avant la pandémie. C'est donc cette année en 2024 que nous partirons pour un périple de 75 jours qui devrait nous amener dans les parcs nationaux comme le Guadalupe Mountains, Saguaro, Grand Canyon, Zion et bien d'autres sites naturels. 

Le départ est prévu aux environs du 18 février et nous prévoyons parcourir le Natchez Parkway à partir du Tennessee jusqu'au Mississippi pour ensuite traverser le Texas jusqu'au parc national de Guadalupe Mountains. Ce sera suivi par le Nouveau Mexique et le sud de l'Arizona avec entre autres le parc national de Saguaro et le Chiricahua National Monument.

Vers la fin mars, c'est le point d'orgue de ce périple avec la visite du majestueux Grand Canyon. Nous avons réussi à avoir un site de camping dans le parc national pour 4 nuits. Ça nous permet d'être à moins d'un kilomètre du départ des sentiers de marche et vélo et aussi de pouvoir assister au lever ou coucher du soleil sur le canyon avec ses couleurs spectaculaires.

Début avril, c'est la montée vers le Utah avec ses 5 grands parc nationaux vedettes qui sont le Zion, Bryce, Capitol Reef, Canyonlands et Arches. En espérant pouvoir les voir dans de belles conditions météo car avril peut encore réserver des surprises mais l'avantage est la plus faible affluence des touristes comparé au mois d'été. Retour prévu à la maison fin avril en empruntant des portions de la fameuse route 66! À suivre.

Nous camperons majoritairement en mode autonome dans les forêts nationales, BLM, parcs d'états et aussi chez les hôtes faisant partie de HarvestHosts dont nous sommes devenus membres. C'est la particularité des ces grands espaces dans le Sud Ouest des États Unis où il existe de nombreux teritoires permettant le camping sauvage. En priorisant une bonne gestion de l'énergie, de l'eau potable et des eaux usées, il est possible de camper sans services pour environ 4 jours.

Je reviendrai dans un prochain article avec plus de détail sur nos préparatifs avant le départ ainsi qu'une description des équipements faisant partie de notre VR.


Le Capitol Reef

Notre séjour au Kodachrome SP nous a vraiment ragaillardi. Et c’est avec cette énergie renouvelée, qu’on emprunte la route 12 qui nous condu...